Autodidacte, ayant grandi auprès d’un grand-père artisan peintre et d’une grand-mère couturière, Frédérique Domergue développe très tôt un goût pour le travail des matières et leur association dans une démarche expérimentale. D’abord orientée vers la réalisation de mobilier mêlant bois et métal, elle acquiert une connaissance approfondie des métaux : bronze, zinc, étain, titane ou acier. Progressivement libérée du registre fonctionnel, elle s’engage dans une pratique artistique où le métal devient son médium exclusif. Par le polissage et l’oxydation, elle détourne ce matériau de sa froideur apparente pour en révéler une dimension sensible, lumineuse et tactile.
Ses œuvres murales explorent les potentialités chromatiques de l’oxydation, utilisée comme unique palette, et rendent visibles les transformations lentes de la matière. Un champ d’expression sans limite qui bouscule les codes de la peinture et interroge le regard. Proche de l’abstraction, son travail s’inspire de la nature et des paysages marins. Ses compositions évoquent horizons, ciels et étendues en mutation, où se rencontrent et se confondent les éléments. Chaque pièce capte les phénomènes de transformation - apparition, altération, disparition - inscrivant l’œuvre dans une temporalité vivante. À travers une recherche centrée sur la mémoire, le geste et la matière, Frédérique propose une expérience à la fois poétique et immersive, où le métal devient le témoin des forces originelles et du passage du temps.